"Le Brexit est moins une opportunité qu'un signal d'alerte pour le secteur immobilier"

08/05/2017

Article L'Echo 8/05/2017

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Le Brexit, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis l’ont démontré : nous vivons dé-sormais à une époque où l’improbable devient possible. Ces sujets ont déjà été large-ment commentés ces derniers mois, mais on a peu évoqué leur impact sur le marché immobilier bruxellois. Ils constituent pourtant une menace directe et il est nécessaire de réagir au plus vite, affirme Stéphan Sonneville, CEO d’Atenor. À la veille de l’ouverture de Realty, le plus grand évènement immo dédié aux professionnels en Bel-gique, il appelle tant le secteur privé que les politiques à faire bien plus pour la promo-tion de l’immobilier bruxellois à l’étranger.  
 
 
Tant le Brexit que Donald Trump ont démontré que nous vivions désormais à une époque où l’improbable peut parfois se produire. Inutile de rappeler que cette incertitude produit aussi ses effets sur l’économie et les marchés. Mais ce que nous avons aussi pu observer, c’est que le monde réagit à ces bouleversements avec toujours plus de résilience. Il est devenu évident que les marchés s’adaptent et intègrent de plus en plus cette notion d’incertitude. En ce qui concerne le secteur immobilier, le Brexit pourrait donc être considéré comme une opportunité dans la mesure où l’immobilier est perçu, plus que jamais, comme un investissement sûr. Un investissement qui rapporte en outre toujours plus qu’une épargne classique.
 
Quand l’incertitude devient la norme, l’on pourrait donc croire que cela représente une bonne nouvelle pour le secteur immobilier. Mais ce n’est malheureusement pas aussi simple: il faut prendre une longue série d’autres variables en compte. Les marchés immo belge et (surtout) bruxellois, sont ainsi très majoritairement dépendants de l’Europe et de ses institutions. Nous ne trouvons pas à Bruxelles de grande concentration de grosses société commerciales comme à Paris, ni de centre financier comme à Luxembourg. Bruxelles, ce sont les institutions européennes. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne fragilise l’Europe. Et fragilise donc le marché immobilier bruxellois.
 
Sourde oreille
 
Nous ne devons pas faire la sourde oreille au signal d’alarme que représente le Brexit: le contexte actuel risque en effet de pousser quelques grandes institutions européennes à reconsi-dérer leurs projets d’investissement massif dans de nouveaux bâtiments, par exemple. Pa-rallèlement, le Brexit offre quelques opportunités à court-terme, puisque certaines entreprises vont devoir quitter le Royaume-Uni, à l’image de Lloyd’s, et s’intéresseront certainement à la place bruxelloise. Mais ne nous berçons pas d’illusions: ce n’est pas cela qui bouleversera le marché bruxellois.
 
Pour réellement placer Bruxelles sur la carte à l’international, il est absolument nécessaire de travailler sur sa promotion. C’est une nécessité pour soutenir nos sociétés exportatrices, qui risquent d’être durement impactées par le Brexit. Mais il est également nécessaire de souligner l’importance majeure du secteur immobilier, son poids dans l’activité économique bruxelloise. Nous devons donc nous montrer agressif, voire sans-gêne, dans la promotion de la capitale à l’étranger pour attirer ceux qui quitteront Londres.
 
Cette démarche doit être réalisée à chaque niveau de pouvoir, quitte à ce que la Région se montre nettement plus agressive que le fédéral, qui plaidera sans doute plus pour un Brexit en souplesse, afin de protéger notamment les sociétés exportatrices. Notre lasagne institutionnelle, si souvent décriée, prend ici tout son sens.
 
Nous devons absolument travailler sur l’image de Bruxelles si nous voulons rester pertinents face à des villes comme Francfort ou Varsovie, qui ont développé une véritable identité et attirent l’attention.

Nous devons absolument travailler sur l’image de Bruxelles si nous voulons rester pertinents face à des villes comme Francfort ou Varsovie, qui ont développé une véritable identité et attirent l’attention. Bruxelles affiche un sérieux retard en la matière, alors que nous avons de solides atouts, comme le haut niveau de formation des travailleurs et la présence d’une large gamme d’écoles internationales, un must-have pour attirer des expatriés. Sans oublier Zaventem, Charleroi et la gare de Bruxelles-Midi, qui assurent une offre imbattable en matière de liaisons internationales.
 
La promotion à l’international de Bruxelles est donc une nécessité. Comment la réaliser ? En poussant les acteurs privés et publics à discuter nettement plus souvent et sur la place publique, entre autres. Le politique et le secteur public doivent donc voir les grands évènements du secteur immobilier, à l’image du salon Realty àTour et Taxis, comme des opportunités. L’occasion d’ouvrir largement le débat et de réfléchir ensemble, notamment à la meilleure manière d’attirer les champions de la nouvelle économie. Le momentum est là, reste à saisir notre chance.
 
Stéphan Sonneville
CEO d’Atenor

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